Léa Mathis, auteure

Pourquoi ou pour qui s'empêcher d'être auteur pour son orthographe?

Pourquoi ou pour qui s'empêcher d'être auteur pour son orthographe?

Depuis très jeune, j’écris des histoires, des poèmes, des chansons, des textes qui me font du bien… Depuis environ 20 ans, j’ai commencé un roman, qui me hante de plus en plus, d’année en année. Je pose des mots et je recommence. J’en étais toujours au premier chapitre sur mon papier, mais dans ma tête, il est fini. Pourquoi n’ai-je jamais continué ?

Dyslexie

La réponse est simple et complexe en même temps, depuis toujours j’ai un problème qui aujourd’hui se définit par la dyslexie, ce mot était pour les scientifiques dans le passé maintenant, il est devenu à la mode. Comme beaucoup d’autres choses. Je me souviens, jeune, les gens se levaient le matin, marchaient pour aller à l’école, on était bon en français ou l’on ne l’était pas! Il n’y avait pas cette différence et ce jugement que l’on peut voir dans le monde d’aujourd’hui.

Dans mon parcours scolaire, j’ai appris avec la méthode enseignée au Québec à partir des années 70. C’était LA méthode, la révolutionnaire, celle qui facilitait l’apprentissage de la lecture. Cette fameuse méthode que l’on appelle « Le Sablier ».  Apprendre avec les syllabes, c’était une révolution, les gens apprenaient vite à lire.  Mais pour écrire à quel prix ? Cette lacune nous suit, nous poursuit et fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui !

Alors, comment devenir une auteure quand on a ce handicap de ne pas écrire dans un français d’une justesse démesuré?  Eh bien, on pense qu’on ne le peut pas.  On pense qu’un auteur doit absolument être quasiment sans faute.  On pense que le texte n’a pas de profondeur s’il y a des fautes, même les éditeurs ne lisent pas les textes s’ils voient qu’il y a trop de fautes. Donc, on écrit pour soi sans jamais partager ses textes.  On les empile dans le fond des tiroirs, dans des cahiers, on les cache bien au chaud. Peut-être seront-ils lus lors de notre mort ? 

La honte amène la lumière

Au travers de ses textes qui se sont empilés au fil des ans. Le peu de mes textes qui ont pu être lus, car par obligation scolaire, je devais en présenter.   J’ai gagné le concours de mon école primaire, pour la meilleure histoire. Au CÉGEP (lycée), j’ai eu droit à un rendez-vous avec un professeur parce qu’il m’a demandé à cette époque si je savais ce que j’écrivais. La profondeur du texte était pleine de sens pour lui, alors que moi je n’y voyais rien de différent.  Il savait lui ! Mais pas moi, on dit souvent, « les autres voient ce que tu as, avant que tu puisses le voir toi-même ».

Et j’ai continué de faire empiler les textes dans les tiroirs, les cahiers, les feuilles qui trainent un peu partout.  Dû à cette épée Damoclès placée au-dessus de ma tête.  Quand on obtient dans des travaux de CÉGEP ou d’Université, des notes séparées du genre 70/75 pour le travail et 0/25 pour la grammaire et l’orthographe, cela ne donne pas envie de partager ce que l’on écrit.  On a honte, de qui l’on est, et de comment on peut écrire tout simplement. Le regard du jugement des autres chaque fois que tu écris quelques lignes et te fais dire « ah! tu as vu toutes les fautes que tu fais ! »  Ce n’est pas de cela qu’un auteur a envie d’entendre.  Il veut savoir si ses textes font vibrer, s’il fait vivre des émotions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.  Il veut faire voyager et rêver

La rencontre

 Jusqu’à, il y a environ deux mois, j’ai fait la rencontre (au travers de mon écran d’ordinateur sur YouTube) d’un auteur reconnu dans son domaine « Anaël Verdier ». Suite au visionnement de ses vidéos, je me suis inscrite sur sa bibliothèque de formation en ligne Seshat.  Cela a été l’éclosion de la fleur endormie et desséchée par les remarques désobligeantes sur mon orthographe.  Lui, il a tout simplement dit : « vous écrivez avec des fautes et puis après, est-ce que cela enlève la profondeur des textes que vous écrivez? » Wow, c’était ma lumière magique pour sortir de ce glacier qui m’emprisonnait depuis de nombreuses années.  La glace s’est mise à fondre comme une trainée de poudre… Je suis complètement sorti de mon cocon.

L'action

 Je me suis remise à l’écriture, car j’en avais perdu l’envie. J’ai montré mes textes et le résultat a été enrichissant pour moi. J’ai fait vivre des émotions avec ses textes qui dormaient dans tous les recoins de la maison, je pouvais bien être une boule d’émotion ambulante ! 

Ensuite, je me suis assise et réfléchis à mon parcours sur ce point.  Pourquoi, en arrive-t-on à fixer son attention sur l’orthographe d’un auteur, au lieu de ses textes ? Il y a et aura toujours une personne pour dire, « tu n’as pas honte d’écrire avec des fautes, fais-toi corriger avant de poster quelque chose ».  Ah oui, c’est super ! Est-ce que je devrais faire corriger chaque foutue phrase que j’écrive dans ma vie ou seulement les livres que je publie ? Aussi bien changer mon animal de compagnie pour un correcteur !

Par contre, il y a ceux qui sont remplis de gentillesse à notre égard. « Tu as une faute juste là. » Merci, c’est sympa, je vais la corriger !

Comment en étais-je arrivée là, moi, la femme qui dans le passé a donné des ateliers à des médecins, des chiropraticiens, des coachs sportifs olympiques, des corps enseignants et des messieurs et madame tout le monde ?  Eh oui, vous ne le saviez pas. J’ai partagé mon savoir avec ces gens-là !  Et personne ne savait que j’avais ce foutu problème de fautes d’orthographe et personne n’a touché ma crédibilité. 

Un ami me dit la semaine passée « Léa, sérieux, les fautes de français… Fais gaffe aux fautes, on ne te pardonnera pas cela ici en France.  Je suis chiant là-dessus, mais c’est pour toi, pour ta crédibilité, dans ce monde dans lequel on vit, si tu comprends bien. »  Bien sûr que je comprends et j’ai justement envie de l’embellir ce monde.  C’est aussi pour cette raison que je vis autrement, le libre arbitre existe !  Et sachez que les correcteurs ne sont pas tous des auteurs. C’est un métier à part entier.

La question qui est venue par la suite est la suivante : je ne dois pas être la seule dans cette situation? Donc, je suis allée voir mon ami Google et lui ai demandé s’il y avait des auteurs qui comme moi, qui faisait des fautes d’orthographe.  Quelle n’a pas été ma surprise en apprenant que de grands écrivains de renom comme Baudelaire, Zola, Voltaire et bien d’autres étaient dans le même bateau !   On va ramer tous ensemble.

J’ai aussi découvert un article sur un député de chez nous au Québec, il fait aussi partie de ce bateau.

     Boisclair "Victime de la méthode "du sablier"

Avez-vous déjà pensé que votre père, votre mère ou votre conjoint, conjointe ne vous a jamais écrit un simple petit mot, quoique vous lui avez demandé souvent, parce qu’il est pris dans ce tumulte de jugement que les autres ont porté sur lui un jour ? « Les fautes de français ! » Si certaines personnes restent accrochées parce qu’il manque un e, un s, un es, ou un é pour un er.  Je trouve vraiment dommage que vous soyez passé à côté d’un texte rempli de profondeur pour satisfaire votre mental. Ne serait-il pas plus sage de faire voyager votre âme ?

Vous savez, je suis une auteure remplie de passion et d’amour prêt à partager mes profondeurs sur le papier pour vous faire vivre des émotions, comme les notes de musique sur une portée. 

Tout cela pour vous dire que le métier de correcteur existe.  Je ne suis pas correctrice ! Je suis une auteure.

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#Société #Femme #Métier d'auteur # Développement personnel #Anaël Verdier

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Commentaires

  • Judith
    • 1. Judith Le 10/05/2016
    Comme je te comprends ...

    Les fautes ne sont pas le reflet de la personne. Nous sommes dans un monde où il faut faire attention, qu'importe, il faut passer au dessus... et de toute façon on ne peut que s'améliorer.

    Josy12
  • leamathis
    Merci Josy pour ton commentaire, nous sommes dans une société ou les gens pointes leurs attention sur le paraître plutôt que sur l'Être! On décide personnellement si on veut en faire parti ou pas :)

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